Zéro tolérance dans l’armée pour les violences faites aux femmes

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 Zéro tolérance dans l’armée pour les violences faites aux femmes

Sur la base aérienne d’Évreux, la Délégation départementale aux droits des femmes et de l’égalité de l’Eure et le commandant de la base ont invité le 19 octobre 2016 Erick Dal, le contrôleur général des armées, pour présenter le plan de lutte contre les violences faites aux femmes dans les armées. Focus sur cette démarche labellisée « Sexisme, pas notre genre » par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le cadre de sa campagne de lutte contre le sexisme.

Dans l’armée française, 90% des victimes de violence sont des femmes alors qu’elles ne représentent que 15,40% des effectifs. La plupart d’entre elles ont moins de 25 ans. Pour lutter contre ce fléau touchant les femmes au sein des différents corps des armées, Erick Dal, le nouveau contrôleur général des armées en poste depuis le 1er juillet 2016, a dévoilé pour la 1er fois sur la base aérienne 105 d’Evreux un kit de prévention « Harcèlement et violences sexuels : comprendre et réagir ».


Changer la perception dans l’armée des violences faites au femmes

À travers des films d’animations à vocation pédagogique et un livret d’accompagnement, différents thèmes ont été abordés auprès des 150 militaires présent.e.s :

  • Le harcèlement sexuel : tolérance zéro
  • Les violences sexuelles : agissons ensemble
  • Le consentement, c’est tous les 2

Cette initiative est « un 1er pas » pour faire évoluer les comportements. « Quand on a le contrôleur général des armées qui explique que des insultes sexistes ou du harcèlement – pouvant passer pour leurs auteur.e.s pour des remarques grivoises, amicales ou encore de la séduction, – est inadmissible, cela a un impact fort. Derrière, les femmes comprennent qu’elles peuvent se manifester », pointe Sarah Mantah, la déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité de l’Eure.

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Comment permettre aux femmes victimes de violence dans l’armée de faire valoir leurs droits ?

Au cours de cette intervention, le contrôle général des armées Erick Dal détaille également le fonctionnement de la cellule THEMIS, qu’il dirige. Cette structure nationale créée en 2014, dépendant du ministère de la Défense, prend en charge et accompagne les victimes de violences, harcèlements, discriminations sexuels et sexistes.

Les agent.e.s du ministère de la Défense, civil.e.s ou militaires, n’ont donc pas besoin de passer par leur hiérarchie. « La violence ne doit pas rester un tabou, insiste Sarah Mantah. En parlant de la cellule THEMIS, on donne les moyens aux personnes de se manifester, d’être conseillées, d’être orientées vers un rendez-vous avec un psychologue ou une association d’aide aux victimes et de savoir comment agir juridiquement. Ça lève les freins pour libérer la parole. »

L’organe veille également à la prise de sanctions adaptées contre les auteur.e.s en menant des enquêtes administratives distinctes de celles menées par le commandement et les autorités judiciaires. Les agresseur.se.s risquent des peines arbitraires ou pénales. « Les agressions sexistes et sexuelles, y compris dans la sphère professionnelle, ne peuvent pas rester dans l’impunité. Les structures soutenues par l’État sont là pour accompagner les victimes », rappelle la déléguée.

 

La féminisation de l’armée en jeu

Avec cette action interministérielle menée sur le terrain par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, et le ministère de la Défense, l’objectif est de diffuser une culture de non-violence pour que les 2 sexes aient leur place dans l’armée. « Le fait que les victimes de violence dans l’armée soient quasiment que des femmes contribue au fait qu’il y en ait peu qui s’engagent. Il y a une corrélation évidente entre le pourcentage de la mixité dans les métiers et la diminution des violences sexistes et sexuelles. Plus il y aura la représentation des 2 sexes dans tous les corps de métier, moins les comportements violents, sexuels ou sexistes auront l’occasion de se reproduire », analyse Sarah Mantah.

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La cellule THEMIS en chiffres

Plus de 150 cas traités depuis son lancement. En 2015, 75 dossiers ont été ouverts avec :

  • 23 faits impliquant un contact physique dont
    • 8 viols
    • 15 agressions sexuelles
  • 45 faits sans contact physique
    • 26 cas relevant de discrimination au sens large
    • 14 affaires de harcèlement
    • 5 dossiers liés à une atteinte à la vie privée
  • 7 autres faits dénoncés comme des problèmes de :
    • violences conjugales
    • coups envers une femme