Les femmes veulent s’imposer sur le terrain du sport

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La fédération multisports et affinitaire Ufolep vient de recevoir pour sa grande campagne de communication et d’événements « Toutes sportives » le prix « Sexisme, pas notre genre » remis le 14 décembre lors des Trophées du sport au féminin. L’objectif de cette action : valoriser la pratique sportive des femmes tout en agissant sur la place des femmes dans l’univers sportif. Décryptage de cette démarche labellisée par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le cadre de son dispositif de lutte contre le sexisme.

Toutes sportives

Pourquoi les femmes ne font-elles pas davantage de sport en club et ne sont-elles pas plus présentes au sein des fédérations sportives ?

« On est la seule fédération sportive en France à être à parité : on a 200 000 licenciés hommes pour 200 000 licenciées femmes, et ce depuis 4 ans», pointe Adil Ouadehe, directeur technique national adjoint de l’Ufolep**. La fédération, multisports et affinitaire, présente dans l’ensemble des départements français, a décidé de s’attaquer au problème en mettant en place « Toutes sportives », un dispositif pérenne en faveur de la place des femmes dans le secteur sportif et valorisant leurs pratiques sportives.

Le but ? Faire progresser la féminisation dans les associations, que ce soit en nombre de pratiquantes, de formatrices ou de cadres. Pour y arriver, la fédération a mis en place, depuis le 8 mars 2016, une campagne de communication grand public, un travail en direction des acteur.trice.s du champ sportif (les membres des fédérations, les animateur.trice.s ou encore les éducateur.trice.s) et un accompagnement des sportives.

Lutter pour un accès égalitaire au sport

Pour toucher un grand nombre de personnes, l’Ufolep a réalisé une campagne vidéo, diffusée sur Facebook et Twitter, ciblant les femmes sans pratique sportive. Des partenariats avec les revues Les Sportives et Women Sports visent, eux, les sportives pratiquant en solo.

Ces initiatives mettent l’accent sur les différentes raisons pour lesquelles les femmes ne font pas de sport en fédération : problèmes familiaux, regards sexistes, surreprésentation des hommes, frais d’inscription élevés ou complexes physiques. En y apportant une réponse. « Le message est positif et inclusif : quel que soit le niveau de pratique, le bagage, le physique… L’Ufolep accueille toutes les femmes avec ses 130 activités sportives proposées. Nos modalités sont adaptées à toutes les pratiques : compétitive, de loisirs ou libre. On veut changer les représentations culturelles », explique Adil Ouadehe.

La vidéo sert également de support dans les écoles lors d’ateliers avec les enfants autour de l’égalité entre les femmes et les hommes. Un autre partenariat avec l’Université Paris Descartes a été passé pour convaincre les étudiantes.

Modifier les pratiques professionnelles

L’Ufolep regroupe 10 000 associations sportives et 100 000 bénévoles dont 500 professionnel.le.s. L’enjeu pour favoriser la pratique sportive par les femmes dans son réseau est de réussir aussi à sensibiliser tous les membres des associations, les animateur.trice.s et les éducateur.trice.s.

Pour y parvenir, la fédération a mis en place un outillage méthodologique et pédagogique présenté sous la forme d’une exposition intitulée « Toutes sportives 365 raisons ». Ce dispositif, diffusé dans tous les départements, s’articule autour de messages évoquant les femmes et le sport comme « dégommer les clichés : la mixité est au cœur de notre engagement ». Il sert aussi de support pour les événements locaux organisés par les associations.

Des moyens pour donner la capacité d’agir

La campagne « Toutes sportives » repose sur une « logique d’empowerment ». « L’objectif est de donner du pouvoir et de la capacité d’agir aux femmes bénéficiaires ou encadrantes confrontées au plafond de verre grâce au programme gratuit Girlz pour les licenciées de l’Ufolep. Durant un stage de six jours avec de nombreux intervenant.e.s, les participantes travaillent sur l’estime de soi, la confiance en soi ou encore le rapport au corps », détaille le directeur technique national adjoint.

La première session se déroulera entre les mois d’avril et mai 2017. « L’idée est de pérenniser le concept », ajoute le responsable.

 

* Les trophées du sport au féminin sont organisés dans le cadre de la 4e saison du sport féminin, partenriat porté par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et Fémix’sports, en partenariat avec le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) pour valoriser la pratique du sport par les femmes.

** La fédération est aussi soutenue dans son engagement par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET).