Discours de Pascale Boistard à l’occasion de la journée “Maman travaille”

Share on Facebook+1Share on LinkedInShare on Twitter

Colloque-Maman-Travaille
Seul le prononcé fait foi

Madame Schiappa, fondatrice du réseau Maman Travaille
Mesdames, messieurs,

Je vous souhaite la bienvenue au ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes pour votre journée d’échange et de réflexion, qui s’annonce dense et sympathique. Je suis ravie de vous accueillir, car je crois que l’action de la société civile et des réseaux, que vous représentez ce matin, est essentielle dans l’atteinte de l’égalité réelle. C’est en diffusant la culture de l’égalité, en agissant au quotidien auprès de votre entourage, ou, comme aujourd’hui, auprès des maires de grandes villes, que vous contribuez à mieux équilibrer les rôles des femmes et des hommes.

Le ministère qui vous accueille correspond parfaitement aux problématiques que vous posez au travers de cette journée.

D’une part, car il abrite le secrétariat d’Etat à la famille et à l’enfance, qui pilote entre autres les modes d’accueil des jeunes enfants, objet du pacte transparence crèche que vous allez faire signer à trois communes. Laurence Rossignol qui je le crois conclue votre journée, vous parlera de la politique qu’elle conduit pour développer les modes d’accueil adaptés pour toutes les familles, sur tout le territoire.
D’autre part car il abrite le secrétariat d’Etat aux droits des femmes, qui pilote la politique d’égalité entre les femmes et les hommes, dans le monde professionnel et dans l’ensemble de la vie sociale. Car, même si la situation progresse, les femmes ne sont pas les égales des hommes dans le monde professionnel : le chiffre de 25% d’écart de salaire en témoigne.

Cette inégalité repose sur de multiples raisons, et je voudrais en évoquer quatre :

1- Les femmes n’ont pas les mêmes métiers que les hommes. A cause de stéréotypes ancrés, certains métiers sont quasi exclusivement féminins, telles les assistantes maternelles, ou masculins, tels les chauffeurs de bus. Cette forte ségrégation limite la liberté de choix des unes et des autres, et c’est pourquoi nous développons un vaste plan en faveur de la mixité des métiers, qui doit faire évoluer les représentations et les pratiques.

2- Les femmes travaillent plus souvent à temps partiel. Or, le temps partiel, quand il est subi, est souvent à la source d’une grande précarité des femmes, notamment de celles qui sont seules avec des enfants. C’est pourquoi nous les soutenons financièrement, par l’augmentation des prestations qui leur sont destinées. C’est aussi pourquoi nous travaillons avec les branches professionnelles, comme par exemple le secteur des services à la personne, pour accroître le temps de travail des personnes ayant de faibles horaires de travail.

Le temps partiel peut aussi être choisi. Dans ce cas, c’est souvent en raison du souci, qu’ont seulement les femmes, de concilier les responsabilités familiales et domestiques et le travail. Car les femmes prennent encore en charge 80% des tâches domestiques. Si l’écart entre les femmes et les hommes a diminué au cours des 30 dernières années, c’est quasi exclusivement en raison du gain de temps produit par les appareils électro-ménager, et non pas en raison d’un plus grand investissement des hommes.
Il nous faut travailler sur ce point. Le gouvernement a d’ailleurs débuté cette réflexion, en instaurant avec la loi du 4 aout 2014 pour l’égalité entre les femmes et les hommes le partage du congé parental, incitation pour les hommes à partager la responsabilité des enfants.

3- Les femmes ont plus de difficulté dans l’accès à l’emploi. En particulier, les retours de congé maternité, et plus encore parental, constituent pour certaines un fossé difficile à surmonter. C’est pourquoi la politique publique vise à les accompagner, plus étroitement, lors de ces temps de vie.

4- Enfin, les femmes n’accèdent pas aux mêmes postes de responsabilité que les hommes. C’est ce qu’on appelle le plafond de verre, que vous avez renommé avec humour « le plafond de mère », pour souligner le lien entre ces déficits de promotions et la maternité. Pour lutter contre ce phénomène, nous travaillons avec les entreprises. Déjà, en les contraignant, par la loi, à établir des diagnostics des inégalités, et à réaliser des plans d’action pour les supprimer. Ensuite, en leur permettant d’échanger de bonnes pratiques, au sein d’un réseau « entreprises pour l’égalité » que nous avons constitué.

De façon plus globale, nous agissons sur l’ensemble de la société pour faire évoluer les représentations sociales créatrices d’inégalité. Ainsi, nous avons renforcé le rôle du CSA dans le contrôle des télévisions et des radios sur leur représentation équilibrée et diversifiée des hommes et des femmes. Pour que nous ayons, à terme, 50% de femmes parmi les expertes qui parlent sur les ondes, au lieu du faible 20% actuel !

J’ai annoncé également il y a peu un travail sur la publicité, pour que disparaissent les images sexistes qui autorisent le développement des stéréotypes sur les femmes.

Je sais que ces sujets, et d’autres, vont être abordés au cours de votre journée, et qu’en plus de votre pacte transparence crèche, vous allez échanger des expériences, des bonnes pratiques, des astuces, pour vous aider à trouver une vie équilibrée, et un monde plus égalitaire.

Je vous souhaite donc une belle journée,