Des vidéos pédagogiques pour l’école en faveur de l’égalité des sexes

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À Toulouse, l’association v.ideaux a lancé le 1er février Matilda, une plateforme vidéo pédagogique en faveur de l’égalité des sexes. Cette initiative est à destination des jeunes et des encadrant.e.s éducatif.ve.s. Zoom sur cette action labellisée « Sexisme, pas notre genre » par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le cadre de sa campagne contre le sexisme.

 

« L’effet Matilda », c’est le nom donné à la non-reconnaissance de la contribution de femmes à la recherche, leur travail étant souvent attribué à leur.s collègue.s masculin.s. L’historienne Margareth W. Rossiter a baptisé ce phénomène en l’honneur de Matilda Joslyn Gage. Cette intellectuelle de la fin du XIXe siècle avait déjà décrit ce processus. Elle en avait également été victime. C’est un des exemples de l’inégalité existante entre les hommes et les femmes.

Comment lutter contre ces inégalités dans le domaine du savoir ? En proposant un véritable « antidote à l’effet Matilda » : des outils pédagogiques en faveur de l’égalité des sexes destinés aux professeur.e.s, aux parents et aux jeunes. C’est l’objectif de la plateforme vidéo Matilda*, mise en ligne le 1er février 2017 par l’association toulousaine v.ideaux ,. Explications.

 

Des vidéos pédagogiques pour les jeunes

Après avoir lancé en 2011 le concours Buzzons contre le sexisme, invitant les jeunes de 10 à 25 ans à faire une vidéo sur le thème du sexisme, l’association v.ideaux a eu envie d’aller plus loin dans sa démarche.

« On s’est aperçu de l’existence d’un fossé entre les associations féministes, les jeunes et les encadrant.e.s éducatif.ve.s. Les manuels scolaires ont des manques en matière de représentation des femmes. Pour combler ce vide, on a eu envie de créer des ponts pour sensibiliser à l’égalité des sexes », expliquent Barbara Wolman, et Josefine Ajdelbaum réalisatrices à l’origine du projet (voir l’équipe derrière la plateforme Matilda). Leur idée ? Une plateforme de plus de 80 vidéos au ton pédagogique sur des sujets tels que les sciences, le corps ou la citoyenneté. Ces « cours en vidéo » sont classés par enseignements et par niveaux – primaire, collège, lycée ou niveau post bac. « La vidéo est un média facilement utilisable, en classe, par les professeur.e.s et aussi, en dehors des cours, par les jeunes », pointent les réalisatrices.

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Ce projet a nécessité 3 années de travail : une cinquantaine de personnes – dont de nombreux.se.s enseignant.e.s et chercheur.se.s – ont participé au développement de Matilda. « Pour les scénarii pédagogiques des réalisations, on a fait appel aux expert.e.s de chaque matière abordée pour obtenir des contenus intéressants et fiables sous l’angle de l’égalité femmes/hommes », raconte Barbara Wolman. Par exemple, pour les enseignements de français, les intervenantes pour la vidéo sur « Les noms des métiers, féminin-masculin» sont la politologue Claudie Baudino et la professeure de littérature française de la Renaissance Eliane Viennot. Pour le sujet abordant «  L’Histoire des femmes dans le sport», le cours est assuré par Anaïs Bohuon, maîtresse de conférences en STAPS. Des archives de l’INA permettent aussi de suivre Nathalie Sarraute évoquant son recueil de récits Tropismes en 1957 ou Simone de Beauvoir parlant de son engagement en tant que féministe en 1975.

 

Une plateforme participative pour les enseignants

Sur la plateforme Matilda, l’association v.ideaux a accompagné chaque cours en vidéo de supports « clé en main » contenant entre autre des documents pédagogiques, des quiz pour une activité ludique, des résumés ou des transcriptions des vidéos. « On a eu l’idée de ces outils en discutant avec les enseignants pour notre concours Buzzons contre le sexisme. On essaye de répondre à leurs demandes. Après, chaque encadrant est libre de s’approprier ces outils comme il le souhaite pour animer des discussions autour de l’égalité de sexes dans sa classe, précise Josefine Ajdelbaum. Le rôle de l’école est de donner aux filles et aux garçons les capacités d’être elles.eux-mêmes pour construire une société où chacun puisse se projeter librement. Les jeunes sont les citoyen.ne.s de demain. »

 

Le site internet Matilda comprend également un volet collaboratif. « Nous avons mis en place un forum accessible sur inscription destiné aux encadrant.e.s. Les professeur.e.s vont, par exemple, pouvoir discuter entre elles.eux de leurs expériences, ajouter des films, des textes ou des affiches, faits avec les jeunes après avoir regardé nos vidéos. Il y a un côté blog où chacun.e peut partager son expérience », détaillent les réalisatrices.

Pour faire connaître la plateforme aux futur.e.s enseignant.e.s, l’association v.ideaux organise le 15 mars, avec l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation de Toulouse (ESPE), une après-midi d’étude autour des thèmes de l’éducation et de l’égalité des sexes.

 

 

* La plateforme Matilda est soutenue par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, puis le ministère de la Culture et de la Communication. Elle a également mis en place des partenariats, notamment avec l’INA et Canopée pour les images, ou avec QuizzYourSelf pour les questionnaires ludiques.