De bonnes ondes pour déconstruire les stéréotypes

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Visuel_Radio_webAu Pays basque, 4 radios associatives, Antxeta Irratia, Irulegiko Irratia, Xiberoko Botza et Gure Irratia, sensibilisent les enfants à la notion de parité avec le programme « Ateliers radio et déconstruction des stéréotypes » organisé en partenariat avec des établissements scolaires. Focus sur cette démarche labellisée « Sexisme, pas notre genre » par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le cadre de sa campagne de lutte contre le sexisme.

Comment déconstruire les stéréotypes sexistes existants ? « Par le biais de l’éducation des enfants en commençant dès qu’ils sont petits », explique AItziber Zapirain, coordinatrice de la radio Antxeta Irratia basée à Hendaye. Et, bien consciente du rôle des médias dans la représentation des inégalités femmes hommes et dans la construction du genre, l’équipe de Antxeta Irratia a décidé de se mobiliser en 2014 avec la mise en place des nouvelles activités périscolaires (NAP).

Avec 3 autres professionnel.le.s issu.e.s des radios associatives basques Irulegiko Irratia, Xiberoko Botza et Gure Irratia, elle a instauré une série d’ateliers hebdomadaires mixant initiation à la radio et à langue locale et sensibilisation à la notion de parité dans 16 écoles « Ikastola » (école basque) ou « Ikasbi » (école française bilingue basque) au Pays basque. Pour impliquer le plus possible les élèves, des ateliers ont lieu au sein des locaux de la radio.

Les 4 animateur.trice.s ont été formé.e.s par la journaliste basque et espagnole Oihana Etxebarrieta, spécialiste des questions de genre et de parité, pour construire leur programme.

Une communication prônant le respect des autres

 

« En tant que professionnel.le.s de la radio, face à un public d’enfants, on essaye de leur faire comprendre que tout le monde est pareil, a les mêmes opportunités, les mêmes chances et qu’on ne peut pas dire n’importe quoi derrière un micro. Il faut respecter nos différences », raconte AItziber Zapirain, coordinatrice de la radio Antxeta Irratia et animatrice auprès des élèves. Le plus ? Les animateur.trice.s valorisent la confiance en soi des élèves afin d’instaurer une relation d’échange et de tolérance.

« Ils n’ont pas beaucoup l’occasion de parler de leur vie et de l’école. Je crois qu’il faut trouver des endroits pour que les enfants se sentent écoutés. La radio aide à les faire participer et à se lâcher. Les enfants apprécient. », ajoute la responsable.

Sortir des stéréotypes de genre

 

Au fil des modules, les enfants confrontent leurs idées et débattent pour construire leur émission de radio. « Les garçons veulent toujours parler de sport, et les filles de musique ou de danse. C’est là qu’on intervient en instaurant des groupes mixtes, en proposant de ne pas parler que des footballeurs mais aussi des footballeuses ou encore en intégrant un défi sportif aux filles, souligne AItziber Zapirain. Et c’est la même démarche pour choisir les 5 chansons de l’émission. On veille au message, à avoir une parité femmes-hommes dans les interprètes. »

Le programme imaginé par les animateur.trice.s propose aussi des sessions autour des stéréotypes de genre  à partir d’articles de presse, de sons ou de livres jeunesse. « On essaye de décortiquer, par exemple, une histoire pour enfants, de mettre en place une parité entre la mère et le père quand la femme apparaît toujours dans la cuisine, faisant le ménage ou gardant les enfants ».

Côté résultats, les ateliers se poursuivent avec le même groupe au fil de l’année depuis 2 ans. « Les effets sont plus évidents quand l’atelier dure plus longtemps, mais l’idéal serait que les professeurs travaillent aussi cet axe-là », pointe l’animatrice.