Collectif « Sexisme, pas notre genre ! » : 22 structures rassemblées autour de la lutte contre le sexisme

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De septembre 2016 à mars 2017, plusieurs centaines de structures associatives, publiques et privées se sont mobilisées autour de la campagne nationale « Sexisme, pas notre genre ! » pour dénoncer et lutter contre toutes les formes de sexisme dont sont victimes les femmes : inégalités professionnelles, violences, discriminations… 10 d’entre elles avaient pour mission d’attribuer le label « Sexisme, pas notre genre ! ». Elles ont décidé de poursuivre l’aventure commune en créant le Collectif « Sexisme, pas notre genre ! »

En 6 mois, le comité de suivi : « Sexisme, pas notre genre ! », composé de 22 structures, s’est réuni 8 fois et a remis le label à 577 initiatives luttant contre les violences, les inégalités, les discriminations et les agissements sexistes. Cette mission de labellisation a permis la rencontre de nombreuses associations féministes agissant dans des secteurs différents : l’entreprise, le sport, la communication, les violences faites aux femmes, les droits reproductifs, la culture, les sciences, le social, la santé…, des structures qui n’avaient pas forcément l’habitude de se côtoyer même si elles portent le même combat : la lutte contre le sexisme.

« Au fil de nos rendez-vous, un écosystème associatif important s’est créé », souligne Catherine Ladousse, présidente du Cercle InterElles, une association mobilisée dans ce comité. « Il faut profiter de cette dynamique et la faire perdurer pour lutter durablement contre le sexisme ordinaire. Car, même si nous avons dénoncé des inégalités, des violences et des discriminations pendant de longs mois, rien n’est acquis », interpelle Laurence Beldowski, Directrice générale de l’association Communication et Entreprise et du réseau Toutes femmes, toutes communicantes, une autre structure du comité. Leur idée ? Poursuivre l’initiative en créant le Collectif “Sexisme, pas notre genre !”. « Nous sommes toutes féministes. Notre force, c’est d’être unies pour casser les verrous du sexisme. Il faut libérer la parole des femmes », expliquent les deux responsables associatives.

Une vigilance accrue grâce aux regards croisés

Pour mener son action collective, la nouvelle formation compte s’appuyer sur les réseaux et associations de chacun.e des membres. Agir en groupe est un véritable avantage pour Laurence Beldowski :

« Au cours de nos 8 premières réunions en comité, nous nous sommes nourries des regards des un.e.s et des autres en étudiant les cas des initiatives à labelliser. Nos regards croisés à tou.te.s sont une véritable force d’analyse. A l’avenir, lors de nos missions de veille avec le collectif, nos regards additionnés vont nous permettre de renforcer notre vigilance, d’intervenir ou de prendre la parole collectivement. A nous tou.te.s, nous recouvrons toute la société et serons plus fortes. »

Côté organisation, les représentant.e.s des 22 structures ont mis en place un rendez-vous une fois par mois, chaque fois dans les locaux d’un.e des membres du collectif. « Ces réunions sont une base régulière d’échange autour de nos actions et de nos initiatives pour lutter contre le sexisme. Ce collectif permet aussi de nous soutenir les un.e.s et les autres tout en échangeant sur nos bonnes pratiques », précise Catherine Ladousse.

Continuer d’encourager les associations et les entreprises à agir

Parmi ses premières actions, le collectif « Sexisme, pas notre genre ! » souhaite poursuivre, en coordination avec une institution publique, le processus de labellisation des associations d’une part, et de reconnaissance des entreprises qui agissent d’autre part avec le titre d’« Entreprises engagées ».

«Le sexisme est un des plafonds de verre les plus lourds à briser, nous ne voulons plus que des femmes soient écartées d’un poste ou freinées dans leur carrière en raison d’un congé maternité ou parental. Il n’est pas non plus acceptable que les femmes soient toujours en minorité dans le secteur du digital en pleine croissance et que les jeunes filles soient si peu nombreuses à choisir des filières scientifiques et techniques », expose la présidente du Cercle InterElles qui regroupe les réseaux féminins de 13 entreprises du monde technologique pour promouvoir la mixité et l’égalité professionnelle.

Ce dispositif « Entreprises engagées », qui sera porté par le Conseil supérieur de l’Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP), a déjà permis à 16 employeurs d’obtenir le titre d’ « entreprise engagée ». Un kit « Agir contre le sexisme au travail » est proposé aux entreprises souhaitant lutter contre ce problème. Il contient :

  • Des fiches repères pour les victimes d’agissements sexistes, les employeurs, les services des ressources humaines et les représentant.e.s du personnel
  • Dix leviers d’action pour agir au sein de l’entreprise contre le sexisme tels que « Mettre en place une politique de prévention contre le sexisme » ou encore « Construire une communication interne et externe dépourvue de stéréotypes de sexe ».

« Il y a encore beaucoup de travail à réaliser dans ce domaine pour inciter un plus grand nombre d’entreprises à s’engager contre le sexisme », ajoute Catherine Ladousse. « La parité et la mixité dans le monde de l’entreprise sont des éléments clés en termes de compétitivité et de performance. »

Développer la communication non-sexiste

Le collectif « Sexisme, pas notre genre ! » poursuit aussi sa mobilisation pour combattre les stéréotypes sexistes en s’appuyant notamment sur le kit labellisé pour une communication non sexiste réalisé par le réseau Toutes femmes, toutes communicantes* et disponible depuis le 8 mars 2017. En France, 82% des femmes estiment que la publicité renvoie une image qui donne des complexes.

« Si nous voulons réussir à rompre avec les comportements sexistes, nous devons également intervenir auprès des communicant.e.s. Ces dernier.e.s peuvent jouer un rôle majeur en refusant de montrer des clichés sexistes dans leurs campagnes qui entretiennent les inégalités entre les femmes et les hommes », développe Laurence Beldowski.

Pour impliquer les professionnel.le.s de la communication, ce dispositif propose des « outils pratico-pratiques sur le sexisme » en définissant le sexisme et en expliquant l’importance de s’engager en tant que communicant.e. Le kit explique également comment combattre ces clichés genrés avec une liste de 10 points à contrôler – allant du rôle des personnages incarnés dans les campagnes de pub à la représentation des corps, en passant par les métiers représentés – pour évaluer le niveau de sexisme de la communication établie. « Ce kit s’adresse aux professionnel.le.s, mais aussi au grand public afin de le sensibiliser aux stéréotypes transmis à travers les campagnes », ajoute Laurence Beldowski.

Rendre visible auprès de tou.te.s le combat contre le sexisme reste un des objectifs clés du collectif. Sur une proposition d’Annie Guilberteau du Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (CNDIFF), le collectif travaille également sur l’idée de créer une journée nationale « Sexisme, pas notre genre ! » et une plateforme pour suivre leurs actualités.

* Le kit pour une communication non sexiste a été réalisé avec l’aide du ministère des Familles, de l’Enfance et du Droit des femmes, du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes (SDFE) et du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh).

Le Collectif « Sexisme, pas notre genre ! » se compose de 22 associations, réseaux ou structures engagé.e.s dans la lutte contre les agissements, les discriminations et les violences sexistes. En voici la liste :

Centre national d’information des droits des femmes et des familles (CNIDFF)

Femix Sport

Femmes ingénieurs

Femmes solidaires

Global contact

Grandes écoles au féminin

Cercle InterElles

Mouvement HF

Social Builder

Toutes femmes, toutes communicantes

Centre Hubertine Auclert

Mouvement français pour le Planning familial

ENGIE

Conseil supérieur de l’égalité entre les femmes et les hommes (CSEP)

Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh)

Fondation des femmes

ONU Femmes France

Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF)

Observatoire de l’équilibre des temps et de la parentalité en entreprise

Excision, parlons-en

Coordination française pour le Lobby européen des femmes (CLEF)

Wi-Filles