3 questions à Carole Bienaimé Besse, membre du CSA, présidente du groupe de travail « Protection de la jeunesse »

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Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a adopté en juillet 2008 une délibération visant à protéger les enfants de moins de trois ans des effets de la télévision, en particulier des services présentés comme spécifiquement conçus pour eux. Depuis cette date, le CSA organise une campagne de protection des tout-petits et demande aux distributeurs de ces services la diffusion d’un message d’avertissement. Cette campagne s’est déroulée du 16 au 18 février 2017.

Quel est le constat qui a fait naître cette campagne de prévention quant à l’usage des écrans avant 3 ans ?

L’apparition en France, en 2008, de deux chaînes à destination des bébés avait suscité une vive émotion, notamment celle de nombreux spécialistes du monde de l’enfance et des associations familiales.

En juillet de la même année le CSA a adopté une délibération relative aux effets de la télévision sur les enfants de moins de 3 ans. Pour se faire, il s’est appuyé sur les auditions de plusieurs experts de la santé et de l’enfance et sur un avis du ministère de la santé se prononçant contre les chaînes de télévision spécifiquement destinées aux enfants de moins de 3 ans.

Cette délibération prévoit notamment une campagne d’information annuelle, relayée par toutes les chaînes de télévision, rappelant que les programmes télévisuels, quels qu’ils soient, ne sont pas adaptés aux enfants de moins de 3 ans.

 

Quelles sont les recommandations du CSA ? Comment et avec qui élaborez-vous ces recommandations ?

Le message-clé de la campagne est « pas d’écran avant 3 ans ».

Il est accompagné des conseils suivants : « avant 8 ans, seulement des programmes pour enfants » et il est préférable de « limiter le temps devant l’écran » pour les enfants et adolescents. La campagne peut également comporter un rappel de la signalétique à respecter et souligner que, « parents, enfants : la télévision, c’est mieux quand on en parle ».

Le Conseil a constitué un comité d’experts du jeune public afin d’enrichir sa réflexion. Il est composé de personnalités aux compétences diverses et complémentaires (pédiatres, psychologues, représentants institutionnels et associatifs, professions judiciaires, chercheurs, etc.).

Ce comité se réunit à la demande du Conseil afin d’examiner des sujets relatifs à la protection de l’enfance dans les médias audiovisuels, d’analyser des programmes susceptibles de soulever des interrogations et d’accompagner les travaux du groupe de travail du CSA en charge de la protection de la jeunesse.

 

Cette campagne (du mois de février) s’adresse aux tout-petits (moins de 3 ans) : quelles sont les autres actions du CSA sur la protection des jeunes ? (campagne du mois de novembre)

La campagne qui vient d’avoir lieu concerne les enfants de moins de trois ans et s’adresse donc à leurs parents et aux autres adultes qui s’en occupent. L’idée n’est pas de les faire culpabiliser mais de les accompagner dans leur gestion quotidienne du temps de consommation de programmes audiovisuels.

Chaque année, le Conseil organise par ailleurs une campagne de sensibilisation au dispositif de protection des mineurs à la télévision.

Cette campagne vise à sensibiliser le public sur la signalétique jeunesse, laquelle permet d’éviter que les mineurs ne soient confrontés à des contenus susceptibles de heurter leur sensibilité.

Le maître-mot de cette campagne est le dialogue, et plus particulièrement un dialogue intergénérationnel avec deux slogans : « Les images violentes on doit les éviter, sinon il faut en parler » « Les images choquantes on doit les éviter, sinon il faut en parler ».

Cette campagne est composée de deux films d’une durée de 30 secondes et d’un spot radio. Elle a été diffusée à partir du 20 novembre 2016 et jusqu’à la fin de l’année 2016.

Pour en savoir plus :